Alsace : le silence de la droite, meilleur allié de Marine Le Pen
Il y a en Alsace une colère qui ne fait pas de bruit. Elle ne descend pas dans la rue, elle ne brûle rien. Elle s'installe, tout simplement, au comptoir du café, à la sortie de la messe, au conseil municipal quand les micros sont coupés.
Depuis 2015 et la naissance forcée du Grand Est, beaucoup d'Alsaciens n'ont jamais digéré d'avoir été rayés de la carte. Onze ans plus tard, la rancœur est toujours là. Elle a seulement appris à se taire.
Un désir d'Alsace qui ne faiblit pas
Les chiffres sont connus. Lors de la consultation citoyenne organisée par la Collectivité européenne d'Alsace, plus de 92 % des quelque 150 000 participants ont dit oui à la sortie du Grand Est. On peut discuter de la méthode. On ne peut pas nier le message. Et en avril dernier, l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi ouvrant la voie à ce retour. Pour une fois, Paris semblait écouter.
