Patrimoine en péril : la machine à sous qui ne rend jamais la monnaie
Vous pensiez sauver le pigeonnier du village avec vos 50 euros ? Le chantier est déjà subventionné à 80 %, mais la Fondation préfère laisser la cagnotte tourner
Il existe dans notre cher pays un organisme passablement vertueux qui sait admirablement emballer le bon sentiment patrimonial. Des châteaux qui croulent sous le lierre, des chapelles romanes aux clochers chancelants, des pierres séculaires qui poussent un cri de détresse, sans oublier les bénévoles dévoués en tricot de laine et les maires de village au bord des larmes. Et puis surtout, bien visible au centre de l'écran, trône l'incontournable compteur de dons, prêt à recevoir la petite obole du brave citoyen.
Seulement voilà. Derrière cette vitrine léchée et ces visuels touchants, une question comptable demeure emballée dans un épais brouillard : de combien d'argent ce fichu chantier a-t-il véritablement besoin pour sortir de l'auberge ? Sur ce terrain comptable, les règles d'affichage de la Fondation du patrimoine s'avèrent nettement moins limpides que les envolées lyriques sur la sauvegarde de nos vieilles pierres.
