Un message d'amour de Jean-Pierre Toucas avant son départ de la mairie de Rouffach.
Certes, il ne sera pas forcément pleuré, mais c'est l'intention qui compte.
Va-t-il rendre les œuvres escamotées du musée du Bailliage ?
Les offrir au Qatar ? Faire un musée Toucas ? L'avenir le dira.
Dans quelques jours – car à présent on compte les jours – auront lieu les élections municipales. Pour de nombreuses communes, ce sera parfois l’occasion de changer de maires.
À Rouffach, cela aura lieu. Et, il sera conséquent puisque Jean-Pierre Toucas, élu pour la première fois en 1989, va abandonner « son » poste.
Quelle perte !
Les habitants s’étaient habitués à cet homme indispensable, ouvert, accessible, calme, toujours jeune… sur les photos.
Certes, il lui arrivait de perdre son « self-control » et de vociférer au beau milieu des séances du Conseil municipal. Mais, c’était uniquement quand des élus de l’opposition avaient l’outrecuidance de lui poser des questions qui le gênaient ou blessaient son égo. Mis à part ces quelques moments de tension malencontreusement rapportés dans la presse locale, M. Toucas s'est imposé tout au long de ses 6 mandats consécutifs comme le maire parfait.
Certes, durant son « règne », le musée intercommunal qui faisait la fierté de Rouffach et des communes voisines a été vidé des œuvres patrimoniales qui y étaient présentées. Mais, qu’on ne s’y trompe pas : c’était pour les mettre à l’abri. Elles ont d’ailleurs été si bien mises à l’abri que la Société d’Histoire locale n’a jamais réussi à les retrouver.
Certes, de nombreux projets d’aménagement de la ville ont fait l’objet d’études. Mais, qu’on ne s’y trompe pas : c’était assez souvent pour permettre à l’élu de faire parler de lui, comme le montrent les photos publiées dans le bulletin communal sur lesquelles il apparait systématiquement.
Assurément, il s’en est pris à certaines personnes qui osaient corriger certains de ses propos ou parler librement alors qu’elles n’en avaient pas eu l’autorisation. Mais, qu’on ne s’y trompe pas : c’était uniquement par souci de protéger la vérité, l’officielle, celle du premier magistrat.
Et, maintenant, que va-t-il se passer ?
Deux listes sont en concurrence pour présenter un nouveau ou une nouvelle maire : la liste de Nadine Bolli, pour un temps encore première adjointe au maire Toucas, et la liste d’Auguste Ott dont le père, aujourd’hui député, a longtemps fait partie de l’opposition dans sa commune.
Avec Nadine Bolli, restée 25 ans « à l’écoute des gens », tout porte à croire qu’on restera dans les ornières laissées par le long règne de Jean-Pierre Toucas lequel, dans une lettre débordant d’affection adressée aux habitants pour annoncer son départ, donnait ce judicieux conseil qui en a fait sourire plus d’un : « Pour réussir à faire évoluer les choses au service de tous, il faut aimer et savoir aimer les gens. » Aimer les gens ? Certes... à condition que les gestes d’amour soient contrôlés, non feints et non sélectifs.
Avec Auguste Ott, on tournera une page si l’on en croit ce qui se dit au cours des réunions-débats qui ont déjà été organisées. C’est peut-être ce qu’attendent les habitants de Rouffach qui méritent que leur ville ne soit plus qualifiée de « belle endormie ». Il y aura du travail en perspective !
Et, aimons-nous !
Tomm
