Strasbourg : la faillite hôtelière comme modèle économique
Ou l'art de construire des hôtels vides : la grande illusion du béton strasbourgeois
Si l’exploitation future d’un établissement est un mirage commercial, la captation des marges immédiates et l’irresponsabilité juridique des financeurs sont de très solides réalités financières. On gagne beaucoup d'argent à construire des hôtels, et presque autant à les liquider.
La mécanique bien huilée du profit immédiat
Pour comprendre la ferveur quasi mystique qui pousse à multiplier les projets hôteliers dans l'Eurométropole — une centaine de chambres à la Meinau, près de deux cents dans l'ancien Printemps, 177 à la place de l'ancien Mercure, sans oublier les enseignements appliqués du groupe Vatel aux Deux-Rives, il faut extirper de son esprit toute naïveté commerciale. Près d'un millier de chambres s'apprêtent à déferler sur le marché local. Mais, pour un promoteur immobilier, un hôtel n'a jamais eu vocation à remplir des chambres sur vingt ans : il s'agit d'une simple surface financière à écouler avant que le plâtre ne sèche.
