SNCF, à nous de vous faire détester le train.

Par Professeur Schmeerwurscht• 4 mars 2026
SNCF, à nous de vous faire détester le train.

SNCF, à nous de vous faire détester le train.

Il était une fois… une espèce très commune, endémique et sympathique, dont la présence amicale était appréciée de tous les voyageurs de la SNCF: le contrôleur.

Présent dans tous les trains dès le début des voyages en chemin de fer, on a vu, petit à petit, ses effectifs se réduire inexorablement pour disparaître complètement des voitures (on dit voiture pour les personnes et wagon pour les marchandises), laissant les voyageurs livrés à eux-mêmes. Précisons toutefois que nous parlons de sa disparition dans les TER.

On sait depuis longtemps que la SNCF a des raisons que la raison ignore et qu’elle prend des décisions qu’elle seule comprend… Comme celle consistant à supprimer certains trains et à réduire la taille de certaines rames pendant les vacances scolaires, comme si tout le monde allait encore à l’école. Ceux qui n’y vont plus doivent se débrouiller en changeant leurs horaires, en décalant leurs rendez-vous, en voyageant debout, mais en payant le même prix ! Et, pourquoi pas des tarifs en fonction du poids des voyageurs ou de l’objet de leur déplacement ?

Pour en revenir au contrôleur… En réalité, il n’a pas disparu, il a muté. D’espèce conviviale, il est passé à grégaire, qui chasse en meutes de deux, trois, voire quatre individus, de préférence en début de mois, quand le voyageur-abonné n’a pas eu le temps de renouveler son abonnement. Ensuite, il disparaît comme il était apparu. Une espèce devenue opportuniste qui flaire le point faible, celui qui rapporte : l’amende. Sur son territoire, les états d’âme sont proscrits. Le fautif est forcément un délinquant pour qui aucune justification n’est recevable. L’opportunisme cynique du nouveau contrôleur le dispense de tenir compte du fait que le voyageur paie pour une prestation qui ne lui pas encore été rendue, c’est-à-dire pour des trajets qui n’ont pas encore été effectués. En général, on paie pour quelque chose que l’on a déjà obtenu.

Sur le site internet de la SNCF on peut lire que « Le métier de contrôleur SNCF consiste bien entendu à contrôler et vérifier la validité des titres de transport des voyageurs à bord d’un train, mais pas seulement. En effet, le contrôleur SNCF joue également un rôle d’interlocuteur et de renseignement auprès des voyageurs. Celui-ci peut ainsi accompagner les voyageurs dans leur démarche d’achat de billet de train et les renseigner sur les différents trajets et leurs horaires par exemple. Le contrôleur SNCF, code ROME N4302, peut aussi être amené à assurer la sécurité à bord des trains et sur le quai de gare. En outre, le contrôleur doit s’assurer de l’état et de la fermeture des portes du train, qu’aucun objet ne soit resté sur le quai et que tous les dispositifs de sécurité fonctionnent ».

La SNCF oublie simplement de préciser que ces missions ne sont plus exercées dans les trains, où les voyageurs sont livrés à eux-mêmes. Ceux qui feront un malaise sont priés de faire le 3177. Si leur téléphone est en panne ou s’ils l’ont oublié, tant pis pour eux.

Les publicités lénifiantes et hypocrites censées nous faire « aimer le train » masquent difficilement l’objectif réel et inavoué de la SNCF : faire disparaître l’humain au profit de la machine, muette, docile et serviable, ad libitum.

La question qui se pose est celle de savoir jusqu’où les institutions nationales – car la SNCF, malgré son statut d’entreprise privée, en est une – pousseront la déshumanisation. Jusqu’à quand et jusqu‘où effacera-t-on l’humain au seul bénéfice du financier ? La seule explication à peu près rationnelle est la recherche du profit maximal au mépris des conséquences humaines et sociales. Il est à craindre que la prise de conscience soit, comme souvent, trop tardive, au moment où l'humain s'identifiera lui-même à une machine, totalement dépendante des autres machines. Quand l'humain aura oublié l'humain.

Le Schnockele est cependant bon prince et sait reconnaître que la SNCF a de l’humour. Qui n’a jamais entendu le fameux « le train X aura X minutes de retard en raison de la réutilisation d’un train » ? Ha Ha, parce que d’habitude ils sont jetables ?

Pr. Schmeerwurscht.

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