Rouffach : il faut changer, si l'on veut que rien ne change

Par Tomm• 6 juillet 2026
Rouffach : il faut changer, si l'on veut que rien ne change

Rouffach, il faut changer, si l'on veut que rien ne change

Dans son programme préélectoral, le candidat à la mairie de Rouffach, Auguste Ott, avait promis que sitôt élu, il rétablirait un climat de confiance entre la municipalité et la Société d’Histoire locale.

Il avait même précisé : « Nous rétablirons avec [la Société d’Histoire] les conditions d’une réouverture pleine et durable [du musée local] dans un cadre apaisé et respectueux des bénévoles qui font vivre notre mémoire collective. »

Rappelons que le « contentieux » avait éclaté au grand jour en juillet 2020. Quand les bénévoles avaient découvert que le musée local dont ils avaient la charge avait été vidé de la plus grande partie des œuvres de grande valeur exposées depuis 1970.

Où étaient passées ces œuvres ? Qui les avait déménagées ?

La majorité municipale dirigée par l’autocrate Jean-Pierre Toucas ne le dira jamais. Silence dans les rangs ! Les élus d'opposition, quant à eux, se feront remettre en place par le même Jean-Pierre Toucas dès qu’ils se risqueront à poser une question à ce sujet.

2026 : élections municipales.

Jean-Pierre Toucas ne brigue pas de... 7eme mandat. Ouf ! C’est son opposant Auguste Ott qui est élu avec une large majorité. Le « climat de confiance » va donc pouvoir être restauré et le musée pourra rouvrir ses portes… quand les objets déplacés en 2020 auront été retrouvés. C’est la promesse qui est faite par le nouveau premier magistrat de Rouffach.

Et, enfin la nouvelle tombe : les objets disparus en 2020 ont été retrouvés. L’archiviste municipale qui avait procédé à leur déplacement sur ordre de Jean-Pierre Toucas semble avoir recouvré la mémoire, et la parole. Elle sait désormais où sont les œuvres patrimoniales. Elle l’a toujours su puisqu’elle avait organisé leur déménagement hors du musée.

Le nouveau maire, Auguste Ott, l'invite à vérifier si rien n’a été perdu ou endommagé. Curieux, disent certaines personnes : celle qui avait vidé le musée en 2020 va vérifier en 2026 si… Avouons qu’il y a un petit côté Talleyrand chez l’archiviste : les régimes changent, elle demeure. Et, ceux qui s’interrogent sur les raisons qui font qu’elle reste en poste sont invités à ne surtout pas entraver la marche vers un « climat de confiance ».

Climat de confiance ? Vraiment ?

Rien n’est moins sûr puisque les relations entre la nouvelle municipalité et la Société d’Histoire ne paraissent pas être sur la voie d’un apaisement. Preuve en est qu’au sein de la Société d’Histoire, les responsables qui ne pensent pas exactement comme le maire Auguste Ott. C’est-à-dire qui ne pensent pas que les compromissions et les louvoiements soient les moyens d’aboutir à une situation respectueuse des droits de la Société d'Histoire… sont aimablement mis sur la touche.

En fin de compte, à Rouffach, quand les choses bougent, rien ne change

L’ancien maire Toucas voulait éliminer le musée local et par contrecoup abattre la Société d’Histoire où se trouvaient des personnes qui se permettaient de ne pas penser comme lui.  Le nouveau maire Ott entend mettre la main sur le musée (créé par la Société d’Histoire !) pour utiliser la Société d’Histoire. En effet : régler un contentieux lui permettrait de passer pour le héros que tout Rouffach attendait après six mandats « toucassiens ».

Non, le procès initié par la Société d’Histoire contre la Ville suit son cours et pour le moment, le maire Auguste Ott n’a rien suggéré qui pourrait aider à y mettre un terme dans… « un cadre apaisé ».

À Rouffach, comme dans bien d’autres communes, les élus changent, les stratégies changent de nom, mais les résultats attendus sont rarement au rendez-vous. Les gens s’en aperçoivent tôt ou tard et finissent par se détourner de ceux qu’ils ont élus.

Retour à la case départ.


TOMM

Commentaires (1)

T2

Tome 2

il y a environ 2 mois

Bonjour Tomm, Je lis vos chroniques avec un vrai plaisir, celui qu'on a quand quelqu'un dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Vous avez le mérite rare de ne pas vous laisser embobiner, et dans une époque où le discours creux a atteint des sommets olympiques, c'est précieux. Je suis d'accord avec vous sur le fond. L'éthique publique locale, c'est le dernier étage où elle devrait encore tenir debout, au niveau national, l'édifice est déjà bien fissuré, Le Pen et Mélenchon ayant en commun, fait rare, d'avoir eu maille à partir avec la Justice. Alors oui, les zones d'ombre méritent des réponses claires : qui savait quoi pour les œuvres du musée, et depuis quand ? Pourquoi certains qui ont participé à ce joyeux déménagement se trouvent encore confortablement en poste ? Et surtout, si le maire Ott avait annoncé lors de ses 100 premiers jours qu'il cesserait toute action en justice contre la Société d'Histoire... où en est-on aujourd'hui ? Mais je me permets une remarque amicale, Tomm. Un chroniqueur qu'on finit par identifier et remplacer par quelqu'un de plus... accommodant, c'est une perte pour tout le monde. Un article trop frontal donne des munitions à ceux qui voudraient vous sortir du jeu, et ils ne vous répondront pas avec des arguments, ils chercheront simplement quelqu'un de plus docile. La diplomatie, ce n'est pas la lâcheté. C'est l'art de rester dans la partie assez longtemps pour avoir raison. Talleyrand, que vous citez vous-même avec brio, a survécu à cinq régimes, pas parce qu'il criait le plus fort, mais parce qu'il savait doser. Les Rouffachois ont besoin de voix libres qui durent. Bien à vous, Tome 2

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