Racisme anti-blanc : du déni à la reconnaissance à pas feutrés.
Pendant près de trente ans, prononcer les mots « racisme anti-blanc » dans un dîner, une salle de rédaction ou un prétoire revenait à s'excommunier soi-même du débat public.
Le concept était moqué, renvoyé à un fantasme d'extrême droite, une invention rhétorique destinée à neutraliser l'antiracisme institutionnel. Trois décennies plus tard, un arrêt de la Cour de cassation et une décision de justice retentissante dans l'affaire du meurtre de Thomas Perotto à Crépol viennent rebattre les cartes. L'histoire de cette notion est celle d'un déni prolongé, suivi d'un basculement judiciaire aussi tardif que spectaculaire.
Le déni comme doctrine
Le refus français de reconnaître un racisme visant les personnes blanches ne relève pas du hasard : il est construit, théorisé, presque doctrinal. Dans la tradition sociologique dominante héritée des Critical Race Theory et Critical Whiteness Studies, le racisme se définirait comme un rapport de domination structurelle.
