L'antifascisme : quand les mots se vident de leur sang
Nous sommes en 2026 et les mots « fasciste » et « antifasciste » sont devenus des confettis verbaux.
On les jette à la figure de l’adversaire comme on lance des insultes de cour de récréation.
Un ministre autoritaire ? Fasciste.
Un militant qui bloque une route ? Fasciste antifasciste.
Un policier qui interpelle trop fort ? SS en uniforme.
Un élu qui défend la nation ? Nazi repenti.
À ce rythme, le vocabulaire de la Résistance finit par ressembler à un slogan d’influenceurs usés jusqu’à la corde. C’est une double trahison.
D’abord, envers les morts.
Les résistants fusillés à l’aube dans les fossés de la clairière de Châteaubriant, les déportés gazés à Auschwitz-Birkenau, les partisans italiens pendus aux lampadaires de piazzale Loreto à Milan, les maquisards qui savaient exactement ce qu’était le fascisme mussolinien et hitlérien – pas une insulte générique.
