L'antifascisme :  quand les mots se vident de leur sang

Par Jabali• 27 février 2026
L'antifascisme :  quand les mots se vident de leur sang

L'antifascisme : quand les mots se vident de leur sang

Nous sommes en 2026 et les mots « fasciste » et « antifasciste » sont devenus des confettis verbaux.


On les jette à la figure de l’adversaire comme on lance des insultes de cour de récréation.

Un ministre autoritaire ? Fasciste.

Un militant qui bloque une route ? Fasciste antifasciste.

Un policier qui interpelle trop fort ? SS en uniforme.

Un élu qui défend la nation ? Nazi repenti.

À ce rythme, le vocabulaire de la Résistance finit par ressembler à un slogan d’influenceurs usés jusqu’à la corde. C’est une double trahison.

D’abord, envers les morts.

Les résistants fusillés à l’aube dans les fossés de la clairière de Châteaubriant, les déportés gazés à Auschwitz-Birkenau, les partisans italiens pendus aux lampadaires de piazzale Loreto à Milan, les maquisards qui savaient exactement ce qu’était le fascisme mussolinien et hitlérien – pas une insulte générique.

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