Élection sénatoriale en Alsace : à hue et à dia
Depuis longtemps, le Sénat est qualifié par ses critiques de « plus belle planque de la République ». Même si son rôle s’est accru ces dernières années (notamment en période de cohabitation)
Il reste protégé des soubresauts de la vie politique : il ne peut pas renverser le gouvernement, mais personne ne peut le dissoudre ! Avec un mandat intangible de six ans, les sièges au Palais du Luxembourg sont particulièrement convoités, et pas seulement pour profiter du confort d’un cadre historique prestigieux, au cœur du VIᵉ arrondissement de Paris.
Promenade à poney
Lorsqu’ils ne sont pas en réunion, les sénateurs peuvent se distraire en regardant les enfants effectuer des balades à poney ou jouer avec les voiliers des grands bassins du jardin. Cependant, il y a fort à parier que les nombreux candidats sont davantage intéressés par les indemnités de fonction que par la vie sociale d’un quartier très huppé… Il est vrai qu’Elsa Schalck, jeune mère de famille, peut profiter de la proximité du parc pour y joindre l’utile à l’agréable.
Attelage hétéroclite
Justement, ladite Elsa Schalck vient de rendre publique la liste LR – pompeusement intitulée « Union de la Droite et du Centre » au scrutin du 27 septembre prochain pour le Bas-Rhin. Elle figure en tête de cette écurie ; derrière elle, Marc Séné a quitté le « camp régionaliste » alors qu’il figurait sur la liste d’André Reichardt en 2020. Après la démission de celui-ci, l’ancien maire de Sarre-Union vient de « tourner casaque » et de se rallier à LR, trahissant ainsi Laurence Muller-Bronn (qui peut donc revendiquer sa pleine « autonomie »). Après l’improbable tandem Schalck/Séné, on trouve les habituels carriéristes, à commencer par la maire de Batzendorf, Isabelle Dollinger, et son homologue de Molsheim, Laurent Furst. À vrai dire, leurs chances de succès sont faibles mais qui sait ?
Tournez manège !
La suite du peloton est symbolique, car la proportionnelle – pour cinq sièges à pourvoir ne laisse aucune chance aux trois « canassons » suivants : Virginie Muhr, maire sans étiquette de Baldenheim, le maire d'Offwiller Patrice Hilt et la maire de Lingolsheim Catherine Graef-Eckert, « cheval de retour » de cette improbable « haras ». Au tiercé, certains jouent gagnants, d’autres placés ! Peut-être faut-il voir dans ces tentatives des ambitions pour les élections territoriales de 2028 ? Il sera intéressant d’observer si Frédéric Bierry apportera son soutien à une liste de bric et de broc. Tous les membres ne semblent pas sur la même ligne que le président de la Collectivité européenne d’Alsace quand il s’agit de la sortie du Grand Est et de la création d’une nouvelle Région Alsace. On doute qu’Elsa Schalck et Marc Séné adhèrent au même groupe parlementaire.
Dans une forte odeur de crottin, la course des petits chevaux vers le râtelier vient de commencer.
Alors que les citoyens devraient prendre les fourches et les fléaux, les palefreniers peuvent préparer le foin.
Renée Walhholtz
