Comment l’Eurométropole de Strasbourg compte éradiquer la pauvreté sans dépenser un centime.
Elle entend faire disparaître l'ensemble de ses quartiers prioritaires d'ici la fin du mandat, non pas en débloquant de nouvelles aides publiques, mais en confiant au secteur privé la tâche d'absorber quatorze mille chômeurs en six ans.
L'ingénierie administrative face aux chiffres de la relégation
La carte de la précarité strasbourgeoise repose sur une arithmétique rigide fixée par l'État : un secteur urbain entre dans le dispositif des Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV) dès lors que le revenu médian de ses habitants s'effondre sous un plafond national déterminé. Dans l'agglomération, près de quatre-vingt-dix mille personnes vivent dans ce périmètre réglementaire, de l'Elsau au Neuhof. Le taux de pauvreté atteint 54 % à l'Elsau, 52 % au Hohberg et 57 % du côté d'Ampère, des niveaux deux fois supérieurs à ceux mesurés par l'INSEE dans le bassin minier d'Hénin-Beaumont.
