Article gratuit. Strasbourg, la Robertsau, c'est le troisième tour des municipales !

Par Jabali• 29 mars 2026
 Article gratuit. Strasbourg, la Robertsau, c'est le troisième tour des municipales !

Strasbourg. La Robertsau, c'est le troisième tour des municipales !

Article gratuit.

Le bastion a cédé au charme de Catherine Trautmann.

 La Robertsau, c'est le troisième tour des municipales.

Le quartier de la Robertsau, l’un des plus bourgeois et verdoyants de Strasbourg, a joué un rôle clé lors des élections municipales de 2026. Situé au nord-est de la ville, entre forêt rhénane et quartiers résidentiels, il constitue souvent un baromètre des rapports de force à droite et au centre. Au soir du second tour, le 22 mars 2026, ce secteur a offert un duel particulièrement serré, presque symbolique d’une fracture plus large au sein de Strasbourg. Ce point fort de la droite et de son leader, Jean-Philippe Vetter, n’a pas échappé aux nouveaux alliés PS-Horizons qui tiennent Strasbourg. 

Catherine Trautmann : un retour historique malgré les critiques.

 À 75 ans, Catherine Trautmann (PS) a réalisé un come-back spectaculaire. Ancienne maire de Strasbourg (1989-1995 et 2000-2001), elle est redevenue première magistrate de la ville avec 37 % des voix au second tour, devançant la maire sortante Jeanne Barseghian (environ 31,7 %) et le candidat LR Jean-Philippe Vetter (environ 31,3 %). Elle obtient ainsi une large majorité de sièges au conseil municipal (45 sur 65). Son succès repose sur une stratégie audacieuse et controversée : après être arrivée en tête au premier tour (25,93 %), elle a conclu une alliance de second tour avec Pierre Jakubowicz, candidat Horizons (centre) qui avait recueilli 5,1 % des suffrages. Cette fusion a permis d’élargir son électorat vers le centre et une partie de la droite modérée, tout en lui apportant des voix supplémentaires dans des quartiers comme la Robertsau, la Neustadt ou les secteurs plus populaires.

La fracture de Strasbourg et l’alliance inattendue avec Pierre Jakubowicz

Cette élection a révélé une profonde fracture au sein de la gauche strasbourgeoise et, plus largement, de la ville. D’un côté, Catherine Trautmann a refusé l’alliance entre la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian et La France Insoumise (LFI). Elle y voyait un risque d’« extrême gauche radicale » incompatible avec l’identité « humaniste, européenne et démocratique » de Strasbourg. Pour contrer cette union, elle a choisi de s’allier avec Pierre Jakubowicz, figure du centre droit issu d’Horizons (le parti d’Édouard Philippe). Jakubowicz, qui n’avait pas franchi le seuil du second tour seul, a rejoint la liste « Pour Strasbourg » en position éligible. Cette alliance « baroque » a provoqué de vives réactions :

  • Au Parti socialiste, Olivier Faure a désavoué l’accord, estimant qu’il plaçait Trautmann « en dehors du PS ».

  • Chez Horizons, le parti a retiré son investiture à Jakubowicz et a finalement apporté son soutien à Jean-Philippe Vetter. 


Malgré ces remous nationaux, l’alliance locale a fonctionné sur le terrain. 

Catherine Trautmann a gagné des voix entre les deux tours dans de nombreux quartiers, y compris à la Robertsau, où elle a terminé deuxième, à seulement 142 voix de Vetter.

Pierre Jakubowicz contre Jean-Philippe Vetter : le duel au centre-droit

La Robertsau, traditionnellement ancrée à droite, a mis en lumière l’opposition entre deux figures du centre et de la droite : Pierre Jakubowicz (Horizons) a incarné une ligne centriste, pragmatique et pro-européenne.

Son ralliement à Trautmann visait à bloquer autant l'écologie radicale qu'une droite trop isolée. Il a justifié son choix par une « convergence de valeurs progressistes et humanistes » et par des combats communs menés contre certains projets du mandat écologiste (comme le tram nord). Jean-Philippe Vetter (LR), candidat « Aimer Strasbourg », a mené campagne en solitaire, refusant toute fusion.


Arrivé deuxième au premier tour (24,23 %), il a terminé troisième au second. Dans le canton 4 (qui inclut la Robertsau, Wacken, Contades…), il est arrivé en tête avec 39,17 %, devant Trautmann (38,39 %). Vetter a dénoncé le « spectacle désolant » des alliances et promis une opposition constructive, vigilante sur les finances et la sécurité. Ce quartier a illustré la division du vote modéré et de droite : une partie a préféré l’alliance centriste pour barrer la route à l’union écolo-LFI, tandis qu’une autre est restée fidèle à la ligne républicaine traditionnelle.

Vers un 3ème tour à La Rob ?

La victoire de Catherine Trautmann marque le retour d’une social-démocratie plus pragmatique après six ans d’écologie municipale. Elle s’est engagée à « tourner la page du mandat passé » et à s’adresser à tous les Strasbourgeois, au-delà des clivages.

Pour autant, les fractures apparues pendant la campagne au sein de la gauche, entre centre et droite, et dans des quartiers comme la Robertsau risquent de perdurer.
Jean-Philippe Vetter, encore dans l’opposition, a déjà annoncé qu’il défendrait ses valeurs avec vigilance. Catherine Trautmann pense à l’après. Elle teste la fidélité de Pierre Jakubowicz, intégré à la nouvelle majorité, en le nommant « Adjoint en charge de La Robertsau ».

La hache de guerre est déterrée. Jean-Philippe Vetter ayant perdu sa complice et binôme d’Horizons, Anne Tenenbaum, aujourd’hui décédée… La Robertsau, avec son électorat exigeant et attaché à la qualité de vie, restera sans doute l’un des terrains de guérilla permanente de ce nouveau mandat. Jean-Philippe ou Pierre, il ne peut en rester qu’un !

Jabali

Commentaires (1)

DG

Dominique Gerber

il y a environ 2 mois

Excellent article. Je partage sur FB en soutien à votre projet.

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